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Revin : une ancienne salariée d’Electrolux ouvre son atelier D’ à coudre

Après son licenciement, Catherine Delhaye était bien décidée à devenir sa propre patronne. Elle vient de lancer son activité de réparation et de retouches de textiles.

La pancarte vient d’être fixée sur la façade blanche du 17 rue Paul-Bert à Revin. Comme le ceintre qui surmonte le nom de son atelier D’ à coudre, Catherine Delhaye a accroché son activité de retouches de vêtements et textiles. Elle a investi dans cette petite maison « parce que louer aurait été un poids financier alors que je viens de me lancer. Là, c’est un bien qui m’appartient. »

Comme à la maison

En entrant dans l’atelier couture, il y flotte une atmosphère douillette, comme un second chez soi. Dans la pièce claire, un coin café n’attend plus que deux amateurs de kawa pour siroter tranquillement un jus. La couturière, quant à elle, s’est installée sur un large plan de travail, entourée de sa machine et de ses outils.

«  À bientôt 50 ans, c’est dur de rebondir. Déjà que les jeunes ont du mal à trouver du travail. Mais je n’avais pas le choix que d’essayer cette activité  »

Parfois, elle lève les yeux et observe au travers de la fenêtre qui donne sur la rue. « Je vois les gens passer et notamment tous ceux du marché, sourit-elle, en ne cessant de découdre sa pièce de vêtement bleu et jaune. Il me faudra un peu de temps mais j’espère bien arriver à me faire une clientèle. »

Elle y joue gros depuis son licenciement en 2018 de l’entreprise Electrolux. « À bientôt 50 ans, c’est dur de rebondir. Déjà que les jeunes ont du mal à trouver du travail. Mais je n’avais pas le choix que d’essayer. » Elle arrête, l’espace de quelques instants, de manier son aiguille pour compter sur ses doigts. « On est au moins cinq Revinois à lancer une entreprise. » L’idée, elle l’avait mûrie depuis quelques années. « On sentait que le licenciement allait arriver dès 2016, se souvient-elle. Je m’étais alors dit  : “Si ça finit, je me lancerai. J’aurai une boutique ou un atelier de couture”  ». La nouvelle est finalement tombée en juin 2018. « Je n’allais pas rester là, les bras croisés à ne rien faire. Je me suis lancée dès le mois d’août, accompagnée d’Anthéa. Une société missionnée par Electrolux pour accompagner nos projets de reconversion avec des rendez-vous réguliers. Mais aussi par la boutique de gestion entreprise (BGE) à Charleville-Mézières. » Après un an, celle qui avance modestement son diplôme de CAP de couture a finalement vaincu la montagne de procédures. « Je ne pensais pas que ça allait être aussi difficile d’ouvrir l’atelier. Il fallait faire un dossier d’entreprise, se projeter à trois ans. Parfois, je ressortais de certaines réunions avec la tête qui fumait. J’ai bien failli baisser les bras mais j’ai su m’adapter, confie-t-elle, avec un joli jeu de mots. D’ pour le dé à coudre et pour mon nom, Delhaye. »

Pas de création mais des retouches

Chez D’ à coudre, l’atelier de couture est tourné uniquement vers de la réparation et de la retouche. Des petites aux grandes pièces, rien ne lui fait peur et elle a prévu l’espace. « Je répare ce qui est abîmé : les accrocs, les fermetures éclair…, énumère-t-elle. Je vais aussi investir très vite dans du matériel pour le repassage. Par contre, je ne fais pas de création, ni de cours. » Lorsqu’elle a commencé à tricoter son idée, on l’a dissuadée de lancer sa micro-entreprise à Revin mais plutôt à Charleville-Mézières. « Pour les prix, plus élevés. Mais je viens de Revin. J’y connais du monde. J’y ai fait toute ma vie, lance-t-elle avec fierté. Pourquoi aller loin alors qu’il y a aussi des besoins ici. »

Horaires : lundi, mardi, mercredi et vendredi de 9 heures à 11 h 30 et de 13 h 30 à 17 heures.

Le chiffre : 16 ans

C’est à cet âge que Catherine Delhaye a obtenu son CAP couture et n’a jamais cessé d’utiliser son savoir-faire.